L'exploitation des poneys de foire enfin réglementée: pas une révolution
mais une évolution

img-news-gauche29 mars 2013

 

Ce vendredi 29 mars 2013, sera publié un Arrêté Royal réglementant pour la première fois l’exploitation des carrousels à poneys lors des fêtes foraines. La nouvelle législation entrera en vigueur dès le 1er mai 2013.

 

Bien qu’Animaux en Péril aurait préféré l’interdiction de cette activité, qui ne concerne plus aujourd’hui que quinze familles de forains en Belgique, l’association se réjouit toutefois des mesures bientôt imposées à l’ensemble des exploitants de carrousels à poneys. Cette toute première législation sur le sujet - les poneys de foire ne bénéficiaient jusqu’à présent d’aucune protection légale - améliorera sensiblement les conditions de vie des animaux concernés.

 

Une activité largement désapprouvée

 

La désapprobation des associations de protection des animaux face à cette exploitation de l’animal est partagée par bon nombre de citoyens; en témoignent les nombreuses plaintes qu’Animaux en Péril reçoit régulièrement et qui dénoncent le traitement réservé aux poneys de foire.

 

Conditions de vie d’un autre âge

 

Concrètement, les abus que dénoncent depuis des années Animaux en Péril et ses associations soeurs sont multiples: la taille du carrousel qui oblige les poneys à tourner sur un cercle très réduit, le nombre d’heures de travail assimilable à une forme d’esclavage, ainsi que le stress engendré par l’ambiance sonore tonitruante caractéristique des champs de foire. Mais le problème majeur contre lequel se sont battus les défenseurs de la cause animale en priorité émane des conditions de détention lamentables qui attendent les animaux une fois les lumières éteintes. De nombreux poneys logent en effet, souvent attachés, dans des camions jusqu’au terme de la fête foraine, celle-ci pouvant durer plusieurs semaines.

 

Une émanation du Conseil du Bien-être animal

 

Si les associations regrettent l’absence d’initiative parlementaire à ce sujet - initiative qui aurait pu déboucher sur une législation visant à interdire l’activité - elles saluent en revanche la démarche de la Ministre de la Santé publique Laurette Onkelinx, qui a mis le sujet sur la table du Conseil du Bien-être animal. Ce dernier a confié l’étude de cette problématique à un groupe de travail composé principalement de représentants de la cause animale dont Jean-Marc Montegnies (Président d’Animaux en Péril), Marleen Elsen (Chaîne bleue) et Ann Degreef (Directrice de Gaia), ainsi que de représentants des forains. Des vétérinaires et comportementalistes ont également été invités à donner leur avis.

 

Par définition, les groupes de travail du Conseil du Bien-être animal (comité consultatif de la Ministre de la Santé) ont pour mission de remettre un avis basé sur un consensus entre les parties.

 

Bien que la mission était loin d’être évidente, les différents acteurs du débat sont parvenus à un compromis.

 

Pas une révolution mais une évolution

 

Les mesures principales imposées aux exploitants dès le 1er mai 2013 sont les suivantes :

 

  • Le sol devra être recouvert d’un tapis de caoutchouc ou d’une épaisse couche de sciure afin d’absorber les chocs et d’empêcher une usure exagérée des sabots.
  • Les juments gestantes de plus de huit mois, les juments allaitantes et les étalons ne pourront plus être utilisés.
  • Les animaux devront avoir un accès aisé à l’eau, y compris pendant les périodes de travail.
  • Les poneys seront logés sans être attachés, et chaque animal bénéficiera (de jour comme de nuit) d’une superficie minimum de neuf mètres carrés. Les espaces de détention devront être enrichis de paille et de foin. La hauteur de l’enclos atteindra les trois mètres au minimum, ce qui exclura l’hébergement en camion (sauf aménagement particulier). Les équidés auront de plus un contact avec leurs congénères et une vision large sur l’environnement extérieur.
  • S’ils sont hébergés dans des enclos extérieurs, les poneys auront accès à un enclos intérieur ou à un abri.
  • Les animaux logeront en prairie lors des périodes de repos (hors saison foraine).
  • Il sera clairement interdit (et cela devra être affiché) aux enfants de donner des coups de talons aux équidés, de les frapper et de crier.
  • Les rennes tenues par les enfants ne pourront pas être reliées au mors du poney.

 

À partir du 1er janvier 2016, une autre étape importante sera franchie. Elle obligera tous les forains à utiliser une piste de travail faisant au minimum huit mètres de diamètre pour les poneys de moins d'un mètre vingt au garrot, et dix mètres pour les poneys plus grands.

 

Un autre moyen d’en finir

 

Ces avancées législatives restent sommaires, mais elles ont au moins le mérite d’exister. L’Arrêté Royal représente donc une évolution, mais Animaux en Péril aimerait rappeler à chacun qu’il existe un autre moyen de lutter contre cette exploitation animale : enseignons aux enfants, dès leur plus jeune âge, le respect envers les animaux, et orientons-les vers des divertissements plus éthiques, qui n’impliquent pas l’utilisation d’un être vivant.

 

 

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