Succès historique pour le rassemblement anti-corrida à Alès

img-news-gauche15 mai 2013

 

Le week-end des 11 et 12 mai 2013 a vu défiler plusieurs milliers de manifestants à Alès pour lutter contre l’horreur de la tauromachie. L’évènement d’ampleur historique représente le plus grand rassemblement anti-corrida jamais organisé en France.

 

Feria d’Alès: torture à mort de seize taureaux

 

Le lieu et la date de la manifestation n’ont pas été choisis au hasard puisque Alès, capitale des Cévennes, organisait sa grande Feria annuelle du 7 au 12 mai 2013. Lors de cette fête populaire, et plus précisément durant le week-end, se sont déroulées deux corridas espagnoles sacrifiant chacune six taureaux adultes, ainsi qu’une novillada qui comporte quatre jeunes taureaux de deux ans. Ce sont donc seize animaux qui ont été torturés à mort pour le plaisir de la foule. Dans ce contexte, le CRAC Europe (Comité Radicalement Anti-Corrida) avait fait le pari de réunir les militants anti-corrida pendant l’ensemble du week-end et sous la forme de trois grandes marches, qui ont eu lieu au même moment que chacune des trois corridas.

 

La mobilisation s’est révélée d’une ampleur jamais égalée: des milliers de manifestants sont venus de toute la France, mais aussi de l’étranger pour demander l’abolition sans compromis de la tauromachie. De nombreux déplacements en car avaient d’ailleurs été mis sur pied. De son côté, Animaux en Péril a assuré le transport d’une équipe composée de vingt militants dont Greg, le patron du nouveau magasin vegan «ARF Shop».

 

Le maire d’Alès et le préfet du Gard tentent de saborder l’évènement.

 

Peu de temps avant la manifestation, les autorités d’Alès comprennent l’ampleur historique que risque de pendre une telle mobilisation. Prétextant des problèmes de sécurité, elles coupent court à toute négociation et repoussent la manifestation en dehors de la ville. Le CRAC lance alors une procédure judiciaire en urgence, mais celle-ci n’a malheureusement eu aucune influence sur la décision finale.

 

Cette décision révoltante, ce pouvoir autoritaire et cet acharnement à saboter la manifestation provoquent un écho médiatique important; la presse s’interroge sur la partialité outrancière des autorités, un véritable déni de démocratie. La pression exercée par les médias a sans doute permis la reprise des négociations en dernière minute. Un compromis sur les itinéraires des trois cortèges a ainsi pu être trouvé.

 

Trois cortèges rouge sang

 

Avant le signal de départ, les représentants des principales associations ont pris la parole. La première marche a démarré le samedi à midi. Ses mille premiers participants ont pu acheter des T-shirts spécialement édités pour l’occasion. Un sifflet assorti leur a de plus été offert. Rouge sang, les T-shirts portaient fièrement les termes «No Corrida» et reprenaient le logo des dix associations partenaires de l’évènement: le CRAC Europe, Animaux en Péril, les fondations Brigitte Bardot et 30 millions d’Amis, le CAS, One Voice, la FLAC, SNDA, l’UBAEAV et la SPA de France.

 

Placée en tête du cortège, cette marée humaine teintée du sang des taureaux, mue par la seule force des convictions, restera l’un des symboles forts de l’évènement. Elle était en outre parsemée d’affiches-chocs représentant la réalité barbare de la tauromachie. Ce premier millier de manifestants était suivi par plusieurs autres, venus renforcer les troupes et étirer le cortège à perte de vue. Grâce au nombre considérable de sifflets, mégaphones et sirènes, le rassemblement devait résonner dans toutes les arènes du pays.

 

Les deux cortèges du dimanche ont attiré un peu moins de personnes, mais ont partagé la même ambiance, le même engouement. Cette mobilisation contre la corrida, jamais vue jusqu’alors, constitue un symbole d’unité indéniable, et représente l’une des rares actions alliant autant d’associations sous une même bannière.

 

Six cents CRS au secours de la barbarie

 

Le lieu d’arrivée des différentes marches se trouvait à proximité des arènes. Mais, les anti-corridas n’ont pu s’approcher à moins de 250 mètres du bâtiment, dont les environs étaient solidement protégés par un impressionnant cordon de CRS et de barrières Nadar.

 

S’il est évident que chaque manifestation nécessite des mesures de sécurité adéquates, on peut s’interroger, voire se consterner de la mobilisation disproportionnée des forces de l’ordre. Six cents CRS, déployés par le Ministre de l’Intérieur Manuel Valls (dont on connait la passion pour la tauromachie), renforçaient les effectifs municipaux réquisitionnés par Max Roustan, maire d’Alès. On aurait pu croire que la ville se préparait à un véritable siège.

 

La sécurité était tout aussi extrême pour les aficionados qui souhaitaient se rendre, billet en main, dans les tribunes de l’arène. De fait, ils devaient passer quatre postes de contrôle, affronter des détecteurs de métaux, subir une fouille corporelle et même, pour certains, déboutonner leur chemise afin de prouver qu’ils ne cachaient aucun symbole anti-corrida.

 

Malgré ces contrôles méticuleux, dignes d’un aéroport américain, Jérôme Lescure (réalisateur du film A.L.F.) et Jean-Marc Montegnies (président d’Animaux en Péril) ont réussi à entrer dans les arènes, accompagnés de cinq courageux militants, prêts à les protéger si nécessaire. Ils ont ainsi pu photographier et filmer la souffrance puis l’agonie de plusieurs taureaux, immortalisant l’horreur mise en scène derrière ces murs bien gardés.

 

img-news-gaucheLe «Garrigues Day»

 

À la Une du Midi Libre (journal très populaire dans le sud de la France), édité le samedi 11 mai, on pouvait lire le titre suivant: «Le jour de Jean-Pierre Garrigues». En effet, le leader du CRAC (Comité Radicalement Anti-Corrida) s’est révélé comme l’un des plus grands meneurs que la cause animale ait jamais comptés dans ses rangs. Durant tout le week-end, perché sur le toit d’un camion sono, l’homme n’a cessé de dynamiser les troupes, tenant des discours forts et sans aucune concession, faisant monter l’adrénaline d’heure en heure chez les militants qui n’ont pas hésité à le suivre. Jean-Pierre Garrigues est parvenu à maintenir une tension palpable lors des trois cortèges et, à leur conclusion, à orchestrer une arrivée triomphale près des arènes, défiant les barricades et le mur des CRS, le drapeau du CRAC à la main. Il a poussé l’audace et le génie jusqu’à annoncer un «Apocalypse Now» à Alès en 2014. Le tout emporté par les notes enfiévrées d’une oeuvre quasi divine, «La Chevauchée des Walkyries» de Wagner.

 

Il est donc juste de saluer ce personnage extraordinaire, qui a porté sur ses épaules un rassemblement d’une telle ampleur avec autant de succès; une réussite qui marquera à jamais l’histoire de la protection animale.

 

Lors de son discours, tenu devant une foule déchaînée, Jean-Marc Montegnies s’est fait porte-parole de toutes les associations présentes et a rendu hommage à Jean-Pierre Garrigues avec respect, admiration et fraternité:
«En plus de vingt ans de carrière au sein de la protection animale, je n’ai jamais assisté à une manifestation émotionnellement aussi forte. Cet évènement majeur doit son succès au courage, à l’acharnement et à l’immense charisme d’un seul homme, celui qui incarne désormais le mouvement de la lutte anti-corrida en France: Jean-Pierre Garrigues. Ce combat est aujourd’hui devenu une guerre et, de toute évidence, le week-end dernier à Alès, une armée s’est formée.»

 

Un écho médiatique sans précédent

 

Alors que beaucoup d’instances médiatiques de haut niveau défendent la tauromachie, de nombreux journalistes étaient présents à Alès pour couvrir l’évènement. L’on pouvait notamment compter parmi eux l’équipe du journal télévisé de TF1.

 

Une bataille a été gagnée

 

Malgré l’immense promotion autour des corridas d’Alès (dont une importante campagne d’affichage) et le soutien des autorités, les trois mille billets disponibles n’ont pas tous été vendus. Seuls deux tiers des tribunes étaient occupés lors de la corrida du samedi, et la moitié seulement pour la novillada du dimanche. Ce bilan signifie que, les 11 et 12 mai à Alès, il y avait plus de monde dans la rue pour dénoncer les immondes pratiques de la tauromachie, que de spectateurs dans l’arène pour se réjouir du martyre des taureaux sacrifiés. Ce week-end, les militants ont donc inversé la vapeur et un pas de plus a été franchi vers l’abolition de la corrida.

 

 

Les médias en parlent:

 

 

 

Derrière les murs... Alès le 11 et 12 mai 2013 de Jérôme Lescure

 


     

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