Animaux en Péril s’insurge contre le projet de réforme concernant les chevaux de la police fédérale

img-news-gauche17 mai 2013

 

Depuis 1991, les chevaux réformés de la police fédérale (ex-gendarmerie) bénéficient d’une retraite heureuse. Mais cette situation est aujourd’hui menacée.

 

Un plan d’économie drastique

 

C’est le journal Le Soir qui a été le premier à donner l’information: un plan radical d’économie au sein des forces de la police fédérale est en ce moment à l’étude au cabinet de la ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet. Celui-ci prévoirait entre autres une diminution drastique du nombre de chevaux servant au sein des bataillons d’intervention et de l’Escorte royale.

 

Dans son article, le journaliste Marc Metdepenningen précise que le plan soumis à la ministre proposerait une diminution des effectifs équins de 203 à 150 chevaux. Ces équidés sont principalement utilisés pour des prestations de maintien de l’ordre, mais 132 d’entre eux se trouvent également intégrés à l’Escorte royale. Après approbation du plan, cette dernière se verrait rabotée de moitié.

 

Animaux en Péril ne voit aucune objection à ce que les missions de prestige soient moins flamboyantes, et se réjouit que le nombre de chevaux mis potentiellement en danger lors de leur service soit diminué. Cependant, l’association ne peut admettre les propositions faites quant aux nouvelles modalités de réforme des chevaux en fin de carrière.

 

Vendus au lieu d’être adoptés?

 

Pour rappel, Animaux en Péril a mené une grande campagne en 1990 pour que les chevaux de la gendarmerie puissent bénéficier d’une retraite bien méritée. Après un an de lutte et de lobbying auprès du ministre de tutelle Guy Coëme, l’association a obtenu la victoire. En effet, jusqu’en 1991, les équidés écartés du service actif pour cause de vieillesse, d’inaptitude ou de problèmes de santé étaient vendus sur le marché aux chevaux de boucherie, situé à Molenbeek.

 

Depuis plus de vingt ans, les équidés mis à la retraite (en moyenne vingt-cinq par an) sont proposés à l’adoption chez des particuliers, des policiers, dans des centres d’hippothérapie ou des refuges. Ces adoptions sont gratuites et certains soins dispensés aux animaux restent à charge des services vétérinaires de la police fédérale (vaccins, vermifuges). L’entretien quotidien est assuré par l’adoptant, qui doit répondre à différentes conditions de détention (surface des prairies, taille des boxes, etc.). Un contrat signé par les deux parties reprend l’ensemble des clauses. L’adoptant n’est donc pas propriétaire de l’animal, mais son gardien et son responsable.

 

Selon des sources fiables, si le plan proposé aujourd’hui à la ministre Joëlle Milquet est approuvé, la formule d’adoption disparaîtrait au profit de la vente pure et simple des chevaux. Sans aucune considération pour le devenir des animaux, les nouvelles mesures permettraient à l’État d’économiser sur les coûts d’entretien et de récupérer des sommes substantielles grâce à la vente des équidés.

 

Pour Animaux en Péril, ce retour en arrière est tout à fait inacceptable, puisque chaque acheteur deviendrait pleinement propriétaire de son cheval. Il pourrait donc en disposer comme bon lui semble, sans aucune restriction; décidant par exemple de faire de l’élevage ou de revendre l’animal à une tierce personne. À ce stade, l’achat des équidés par des grossistes en viande n’est pas non plus à exclure.

 

Animaux en Péril interpelle la ministre Joëlle Milquet

 

La ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet devrait statuer sur ces propositions au plus tard fin juin. Dans une lettre ouverte, l’association lui demande donc avec insistance de ne pas modifier les conditions de mise à la retraite des chevaux réformés de la police fédérale.

 

Animaux en Péril rappelle à la ministre qu’en 1990, lorsque l’association a mené campagne pour obtenir satisfaction, elle a été massivement soutenue par la population. Celle-ci a effectivement témoigné une grande sympathie pour ces équidés, qui travaillent à sa sécurité et participent au prestige de notre nation via l’Escorte royale. Les citoyens auraient alors du mal à admettre que, par simple souci d’économie, les animaux soient privés d’une retraite paisible après leur carrière éprouvante.

 

 

Les médias en parlent: