Joëlle Milquet confirme le projet d’abandon du système de retraite des chevaux de la police fédérale. Animaux en Péril est scandalisée.

img-news-gauche19 juillet 2013

 

Le 17 mai 2013, Animaux en Péril adressait une lettre ouverte à la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet concernant le projet d’abandon du système de retraite réservé aux chevaux de la police fédérale. Ce 19 juillet, en réponse à notre courrier, la ministre confirme que ce projet est actuellement étudié par son cabinet

 

Un plan radical d’économie

 

L’abandon du système d’adoption des chevaux réformés entrerait dans le cadre d’un plan radical d’économie au sein des forces de la police fédérale. Celui-ci prévoirait entre autres une diminution drastique des effectifs équins, qui passeraient alors de 203 à 150 chevaux.

 

Des conditions d’adoption strictes et contrôlées

 

Il y a plus de vingt ans, Animaux en Péril a mené une grande campagne pour que les chevaux de la gendarmerie puissent bénéficier d’une retraite bien méritée. Après un an de lutte et de lobbying auprès du ministre Guy Coëme, l’association, largement soutenue par la population, a finalement obtenu la victoire. Depuis 1991, les équidés écartés du service actif ne sont plus vendus sur les marchés aux chevaux de boucherie, mais adoptés par des particuliers, des policiers, des centres d’hippothérapie ou des refuges. L’adoptant devient responsable de l’animal (et non propriétaire) et doit répondre à des critères de détention particuliers : taille réglementée des prairies, reproduction interdite, monte de loisir uniquement, pas d’adoption en centre équestre ni d’exploitation dans un cadre professionnel, etc. Si toutes les conditions ne sont pas respectées, l’animal est retiré à l’adoptant pour être confié à un autre foyer.

 

Une régression inacceptable

 

Le projet soumis aujourd’hui à la ministre Milquet suggère le remplacement de la formule d’adoption par la vente pure et simple des chevaux. Si cette mesure ne représenterait qu’une économie insignifiante pour l’État, aux yeux d’Animaux en Péril, elle provoquerait une régression inacceptable du statut et du bien-être des équidés concernés.

 

En effet, après application de la réforme, chaque acheteur deviendrait pleinement propriétaire de son cheval. Dans ce cadre, aucune condition de détention spécifique ne saurait lui être imposée. Le nouveau propriétaire pourrait donc disposer de l’animal acheté comme bon lui semble, sans aucune restriction ni aucun contrôle, ayant droit de vie et de mort sur celui-ci. Dès lors, les équidés pourraient être exploités dans des centres équestres, servir à la reproduction, être revendus ou même exportés.

 

Joëlle Milquet: naïve ou mal renseignée?

 

Par le biais d’une nouvelle lettre ouverte, envoyée ce jour, Animaux en Péril réprouve les arguments défendus par la ministre de l’Intérieur. Dans son courrier, Joëlle Milquet semble effectivement croire que le simple fait que les animaux soient identifiés par puce électronique et exclus de la chaîne alimentaire leur assure une retraite paisible. Toutefois, au vu des dérives que peut entraîner la vente des animaux, notre association ne peut se contenter de cette maigre assurance. Elle demande donc à la ministre de revoir le projet et de refuser l’abandon du système d’adoption des chevaux réformés de la police.

 

 

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