ACTION ANTI-CORRIDA SANS PRÉCÉDENT À RION-DES-LANDES: HUIT BLESSÉS DONT UN DANS UN ÉTAT GRAVE

img-news-gauche27 août 2013

 

L’alliance entre l’association Animaux en Péril, le CRAC (Comité Radicalement Anti Corrida) et la Fondation Brigitte Bardot a débouché une fois de plus sur une spectaculaire action anti-corrida ce samedi 24 août. Partie du coeur des arènes de Rion-des-Landes, la protestation s’est poursuivie à l’extérieur du bâtiment des heures durant, nourrie par 145 militants venus dans cette petite ville du département des Landes pour faire avorter une novillada (massacre de jeunes taureaux de moins de quatre ans).

 

 

Au cœur de l’arène

 

Les activistes ont pour objectif d’envahir le ruedo (piste sableuse des arènes) et de s’y enchaîner en déclenchant des fumigènes, une tactique éprouvée lors de l’action de Rodilhan, puis enfin de résister le plus longtemps possible à l’évacuation afin de compromettre le massacre des innocents. Mais bien que l’opération ait été organisée dans la plus grande confidentialité par Animaux en Péril, le CRAC et la Fondation Brigitte Bardot, les forces de l’ordre sont manifestement prévenues qu’une action anti-corrida se tiendra aux arènes de Rion, et ont agi en conséquence. Les manifestants doivent ainsi composer, dès leur arrivée, avec une présence policière massive, un contrôle de leur identité et des fouilles au corps.

 

Malgré cet accueil dissuasif, ce sont près de 120 militants qui sautent avec une virtuosité parfaite sur la piste quelques minutes avant le début du calvaire des taureaux. Les fumigènes, inoffensifs symboles de contestation, sont déployés. L’opération prend le public de court et est, à ce stade, une réussite. Mais la chaîne humaine est fragile: les militants se nouent les uns aux autres par les bras et les jambes, chaînes et cadenas ayant été confisqués par la police lors des fouilles. Un mur humain, qui a pour ciment la compassion et l’adrénaline, tient tête à la foule qui réclame sa dose de violence et scande «lâchez les taureaux». Un seul objectif: tenir, tenir encore, pour sauver des vies.

 

Rodilhan a été une leçon pour les forces de l’ordre, et l’organisation est meilleure. Un bataillon de gendarmerie entre dans l’arène et encercle le groupe de militants, qui est évacué avec une fermeté proche de la rudesse, mais échappe cette fois aux débordements de rage de la foule en émeute. Les activistes s’accrochent les uns aux autres sans se rebeller contre les gendarmes, qui ne représentent pas l’adversaire. En une demi-heure, chacun est individuellement empoigné, traîné dans le sable ou soulevé par les bras et les jambes, avant d’être jeté hors des arènes.

 

Bétaillère prise d’assaut et violences policières

 

À ce stade, forces de l’ordre et aficionados pensent avoir réglé le conflit, et les seconds s’apprêtent à jouir d’un spectacle encore pimenté par l’éviction des militants hors de l’arène. C’est une erreur. Jean-Pierre Garrigues, président du CRAC et meneur de troupes légendaire, repère le camion qui amène les infortunés taureaux. Suivi par d’autres activistes, il escalade le toit du véhicule. Dès cet instant, il devient évident que les forces de l’ordre ont perdu le contrôle de la situation, et ne savent pas gérer ce rebondissement imprévu. La conséquence sera une violence injustifiable.

 

Certains gendarmes se montrent extrêmement brutaux avec les militants pacifistes qui se cramponnent au camion, et les délogent un par un, infligeant plusieurs blessures légères mais également sept blessures graves (fractures). Pour un militant âgé de 60 ans, le bilan est plus lourd encore, puisqu’il tombe dans le coma après avoir été précipité dans l’escalier par le responsable des arènes, qui profite du chaos pour se joindre aux forces de l’ordre et rendre sa notion de la justice.

 

Au détriment des militants, la situation dégénère. Pompiers et ambulances arrivent en masse; plusieurs personnes sont soignées sur place, tandis que les blessés les plus graves sont évacués en civière. L’homme poussé dans les escaliers est, lui, évacué d’urgence par hélicoptère. La scène est démente. Toute logique en est absente: le spectacle de torture a commencé, causant la mort à l’intérieur des murs, entraînant coups et blessures à l’extérieur. Le prix est lourd pour une heure vingt de sadisme!

 

Provocation ultime et militants gazés

 

Les blessés dans les rangs ne font rien pour calmer le sentiment d’injustice qui anime les activistes. Aucun coup n’a été porté par les militants, qui supportent une fois de plus la totalité des dommages physiques. Au niveau des gendarmes se retrouve semble-t-il le schisme anti et pro qui divise la société à une échelle plus large: si certains sont irréprochables et font leur travail en s’efforçant d’en exclure toute passion, d’autres en revanche se laissent aller à une violence physique qui n’a plus rien de commun avec la fermeté légitime.

 

Les militants optent alors pour des sit-ins devant les accès des arènes. Mais à ce moment survient la provocation ultime, la gifle lancée à la figure des troupes. Bêtise (probable de la part des aficionados)? Défi? Le premier taureau mis à mort, transpercé de coups, est sorti des arènes, pendu depuis une grue à la vue de tous. Cette vie effacée dans la souffrance et dans l’incompréhension, cette mort profanée, mettent le feu aux poudres. Certains militants pleurent de rage et de douleur; la fureur explose face au cordon de forces de l’ordre qui sépare la foule de la dépouille torturée, défendant ce qu’il y a de plus laid et de plus destructeur chez l’être humain contre les protecteurs du vivant. À cet instant, toutes les personnes encore en possession de fumigènes les dégoupillent et les lancent au-dessus du cordon des forces de l’ordre en direction des arènes.

 

Aux fumées bariolées, la police répond par des lacrymogènes qui emportent la gorge et les yeux des militants, au point que certains d’entre eux souffriront encore le lendemain des effets du gaz, pulvérisé en pleine figure. La riposte, une fois de plus, est disproportionnée, violente, et sauvage.

 

La peur change de camp

 

Affaiblis, contusionnés, asphyxiés, les activistes refusent d’abandonner la partie. En dépit du chaos, en dépit des blessures plus ou moins graves, ils savent que le vrai drame se joue dans l’arène, et met leurs souffrances en perspective. Les sit-ins se poursuivent au-delà du massacre. À l’intérieur, on ne rigole plus. Les spectateurs emmurés font leur propre expérience de la panique sans issue, d’habitude infligée aux animaux ou aux militants. Dehors, les protecteurs des animaux encerclent, et huent, et scandent leur mépris.

 

Le colonel de gendarmerie Spinetta, qui a eu le bon sens se proposer l’abandon de la corrida en cours - proposition non relayée par les élus locaux - comprend alors qu’aucune relâche n’est à espérer, et organise l’évacuation des spectateurs sous bonne escorte, au milieu d’une haie du déshonneur qui semble ne jamais devoir connaître de fin.

 

Là où le courage réside

 

À l’opposé des spectateurs planqués dans leurs gradins pour y savourer la mort des plus faibles, les activistes ont à nouveau montré un courage sans mesure, et n’ont posé à aucun moment la question de leur propre sécurité. Cet altruisme, cette abnégation sont des sentiments dont nos adversaires n’auront jamais idée, et qui représentent une des formes les plus abouties de la grandeur humaine.

 

Pourquoi alors sont-ce ces héros que les images nous montrent évacués en civière, en hélicoptère, qui ont été gazés, frappés, jetés au sol, tout cela pour maintenir envers et contre tout un spectacle sordide dans une arène de province? La corrida a toujours fait fi de la morale, de l’empathie et de la volonté démocratique, elle crache désormais aussi sur la sécurité des citoyens, préférant additionner la répression brutale à la violence du spectacle entre ses murs, plutôt que de céder la place à une société respectueuse de la vie et d’autrui.

 

Quatre taureaux sont morts ce jour-là. Leur sacrifice a été vain, immoral, monstrueux, comme chaque mise à mort dans les arènes. Mais la mobilisation des anti-corrida a atteint de nouveaux horizons, et le monde de la tauromachie ne dormira plus sur ses deux oreilles - tranchées ce samedi par les vainqueurs du jour, ces militants qui n’en finissent plus de reculer les limites de la bravoure. Après tout, la tradition est la tradition.

 

 

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