La justice française poursuit le Président d’Animaux en Péril pour les actions menées contre la corrida

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21 mars 2014

 

Ce jeudi 20 mars 2014, Jean-Marc Montegnies, président d’Animaux en Péril, a pris connaissance de sa citation à comparaître devant le tribunal de Grande Instance de Dax. Il est poursuivi pour trois chefs d’accusation.

 

 

 

Une qualification des faits plus que douteuse

 

Les délits retenus à charge de Jean-Marc Montegnies sont au nombre de trois:

 

 

Les peines encourues pour ces faits peuvent aller jusqu’à trois ans de prison et 45.000 euros d’amende!

 

Le président du CRAC Europe Jean-Pierre Garrigues et le directeur de la Fondation Brigitte Bardot Christophe Marie sont poursuivis pour les mêmes délits.

 

Une volonté de décapiter le mouvement

 

La qualification surréaliste des faits n’est pas anodine et les associations de protection des animaux ne sont pas dupes. Il ne fait maintenant plus aucun doute que le ministre de l’Intérieur Manuel Valls - grand aficionado ouvertement déclaré - a utilisé son pouvoir d’injonction pour mettre à terre les opposants à la corrida.

 

La preuve la plus flagrante de ce qui précède est que les enquêteurs de la Gendarmerie de Dax (qui ont auditionné longuement les trois prévenus) étaient assistés par la cellule «Section extrémismes violents et analyse transverse» de la direction générale de la Gendarmerie, une cellule sous les ordres directs de Manuel Valls.

 

En outre, le même ministre se vantait dans les colonnes du Midi Libre, paru le 18 septembre 2012, d’avoir la capacité de bloquer toute initiative parlementaire sur le sujet. Dernièrement, son administration donnait de plus des garanties «de maintien de l’ordre» aux maires des villes taurines.

 

Les faits, rien que les faits

 

Si les représentants d’Animaux en Péril, du CRAC et de la Fondation Brigitte Bardot ne peuvent évidemment nier l’organisation de l’événement (la revendication a toujours été claire), ils rejettent en bloc tous les autres chefs d’accusation. Aucun des activistes appartenant à l’une des trois associations ne s’est rendu coupable de la moindre violence.

 

Des blessés toujours dans le même camp

 

La manifestation de Rion-des-Landes se voulait une action pacifique dont le mot d’ordre était de créer une chaîne humaine au milieu de cet antre de la torture. Une fois encore, les seuls blessés se trouvaient dans les rangs des militants. Plusieurs manifestants ont été hospitalisés en urgence suite à des violences policières. Agressé par un aficionado, un activiste a même dû être héliporté, plongé dans le coma.

 

Deux poids, deux mesures

 

Ce lundi 24 mars 2014, va donc débuter le procès des responsables des trois associations, dont le seul crime a été d’essayer de faire obstruction au massacre de plusieurs bovins devant un public avide de cruauté envers les animaux. L’action remonte à un peu plus de six mois aujourd’hui.

 

Il y a deux ans et demi, des dizaines d’aficionados ont littéralement lynché près de cent militants, qui avaient envahi l’arène de Rodilhan en vue d’empêcher une novillada (corrida de jeunes taureaux). L’association Animaux en Péril, le CRAC et la Fondation Brigitte Bardot y ont déploré de nombreux blessés graves parmi leurs membres. Des jeunes femmes ont également subi des attouchements sexuels. Une militante a même été déshabillée. Nos activistes n’ont pas riposté, malgré les coups portés. À ce jour, aucune date pour le procès des agresseurs n’est encore annoncée… Cherchez l’erreur!

 

Le mouvement est en marche, rien ne l’arrêtera

 

Pour les enquêteurs, Jean-Pierre Garrigues, Jean-Marc Montegnies et Christophe Marie sont des terroristes. Le Parquet de Dax estime qu’ils représentent des individus violents, capables de mettre en danger autrui avec un risque de mort immédiat. Quant au ministre français de l’Intérieur, il semble déterminé à mettre ces individus hors d’état de nuire.

 

Les responsables des associations souhaitent adresser un message à Monsieur Valls: Vous pouvez nous harceler, nous affaiblir, nous ruiner, nous frapper, nous enfermer… Mais sachez qu’il y aura toujours quelqu’un pour ramasser la bannière et poursuivre le combat car, comme le dit si bien Jérôme Lescure, «on ne passe pas les menottes à une idée».

 

Question de temps…

 

Le procès se présente clairement comme une affaire politique. Tout le monde l’a compris. Le gouvernement français s’obstine à protéger une culture immonde et totalement isolée, puisque la corrida n’est autorisée que dans le sud de la France. Des élus bien placés bloquent toute initiative de débat parlementaire sur le sujet, alors que l’écrasante majorité des Français s’opposent au maintien de ces spectacles.

 

La corrida est moribonde, il ne lui manque plus que l’estocade.