Stérilisation obligatoire des chats : une fausse bonne nouvelle

29 août 2014

 

img-news-gauche

À partir du premier septembre 2014, les particuliers qui céderont ou vendront leurs chats devront, au préalable, les stériliser et les identifier. Si Animaux en Péril soutient toute mesure en faveur de la stérilisation, l’association n’accueille pas avec enthousiasme cette nouvelle mesure. Explications…?

 

Fin 2010, nous annoncions avec beaucoup de satisfaction que le SPF Santé publique, sous la direction de la Ministre Onkelinx, avait rédigé un plan ambitieux afin de lutter contre la surpopulation féline. Ce plan visait aussi à diminuer les abandons et le génocide annuel des chatons pendant la période estivale.

 

Un plan quinquennal de stérilisation et d’identification

 

Le projet d’Arrêté Royal, préparé à la demande expresse de Laurette Onkelinx, s’inspirait fidèlement de l’avis du Conseil du Bien-être, en insistant sur l’importance et l’urgence de définir un plan de stérilisation et d’identification à l’échelle nationale. Le plan prévoyait plusieurs étapes, réparties sur cinq ans.

 

Animaux en Péril, Gaia et la Chaîne Bleue Mondiale constituaient les acteurs les plus dynamiques à la base de ce projet. Nous nous étions donc réjouis des diverses mesures proposées par le plan, même si la mesure principale n’intervenait qu’en fin de parcours : la stérilisation et l’identification obligatoires pour tous les chats détenus par des particuliers; la reproduction nécessitant alors une autorisation.

 

Une mesure révolutionnaire

 

Parmi toutes les campagnes qu’ont menées Animaux en Péril et ses associations soeurs, le plan quinquennal représentait la plus grande révolution depuis la loi sur la protection animale de 1986. Ce projet constituait de plus la seule mesure réellement efficace contre la surpopulation féline. Nous l’attendions donc avec beaucoup d’impatience.

 

Un projet vidé de sa substance

 

Enfin présenté devant le Conseil des Ministres restreint sous la législature précédente, le plan quinquennal a néanmoins subi un changement majeur avant d’être approuvé. Un partenaire (Open VLD) de l’ancienne majorité gouvernementale a refusé de signer le projet de madame Onkelinx.

Dès lors, même si l’ensemble des dispositions prises notamment à l’égard des refuges et des éleveurs sont restées intactes, la mesure obligeant les particuliers à stériliser et identifier leurs chats a été revue à la baisse, et ne concernera en fin de compte que les chatons à donner ou à vendre. Tous les autres chats vivant en Belgique (près de deux millions), et dont les propriétaires ne souhaitent pas se séparer, ne seront pas concernés ; ils pourront continuer à se reproduire massivement.

 

En outre, cette modification aura l’effet pervers d’augmenter le nombre de chats abandonnés ou déposés en refuge, ce qui évitera aux propriétaires les frais de stérilisation pour des animaux qu’ils ne comptent pas garder. Il est effectivement illusoire de penser qu’un maître investira dans la stérilisation de ses chatons s’il ne l’a pas jugée nécessaire pour ses chats adultes.

 

Pression supplémentaire sur les refuges

 

Pour les refuges, ce changement impliquera une charge supplémentaire : le nombre de chatons abandonnés risque d’augmenter de manière significative, posant davantage encore la question du manque de place et de moyens.

 

Une lueur d’espoir

 

Le plan quinquennal, qui partait sur d’excellentes bases, s’est néanmoins retrouvé vidé de sa substance et risque fort d’aggraver une situation déjà critique puisque les statistiques révèlent une augmentation constante de la population féline en Belgique.

 

Il reste cependant une lueur d’espoir : l’Arrêté Royal, dans sa forme actuelle, précise qu’une évaluation des mesures mises en place et de leurs conséquences devra être réalisée par les autorités compétentes.

 

Conclusion

 

Le législateur est passé à côté d’une réelle opportunité et se tire finalement une balle dans pied.

Animaux en Péril et ses associations soeurs demandent aux nouveaux ministres régionaux compétents en la matière d’écouter le cri d’alarme lancé par les refuges et d’enfin prendre la seule décision qui s’impose : la stérilisation obligatoire pour tous les chats détenus par les particuliers.

 

 

 

Les medias en parlent :

 

  • RTBF