Corrida: Poursuite du procès contre Animaux en Péril, le CRAC et la Fondation Bardot

18 septembre 2014

 


img-news-gauche

Ce lundi 22 septembre 2014, Jean-Marc Montegnies - président d’Animaux en Péril, Christophe Marie - directeur de la FBB et Jean-Pierre Garrigues - président du CRAC comparaîtront à nouveau devant le tribunal de Grande Instance de Dax.

 

Une première audience sous haute surveillance

 

La première audience de ce procès que les associations qualifient de surréaliste s’est déroulée le 24 mars dernier. Alors que quelques dizaines de sympathisants de la cause animale étaient venus soutenir pacifiquement les prévenus, le palais de justice de Dax s’était métamorphosé en camp retranché.

Pendant que des dizaines de CRS en armes ceinturaient le quartier, les quelques personnes autorisées à entrer dans l’enceinte étaient fouillées et délestées de leur téléphone portable. Bref, des mesures dignes d’un procès anti-terroriste révélatrices de l’image que veut donner, des militants pacifiques, le gouvernement français gangréné par la mafia taurine.

 

Une qualification des faits plus que douteuse

 

Les délits retenus à charge des responsables d’associations sont au nombre de trois:

 

  • Avoir organisé une manifestation ayant été interdite sur la voie publique par arrêté municipal, à Rion-des-Landes le 24 août 2013.
  • Avoir entravé de manière concertée et avec violence ou voie de fait à la liberté du travail, et ce au préjudice du cercle Taurin Rionnais (…) en pénétrant dans les arènes, en créant une chaîne humaine, en s’asseyant dans le ruedo, empêchant les toreros et leurs cuadrillas d’exécuter leur contrat dans les temps initialement impartis.
  • Avoir exposé directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente, en jetant des fumigènes ou en donnant des instructions de jets de fumigènes aux participants à la manifestation interdite, à Rion-des-Landes le 24 août 2013.

 

Les peines encourues pour ces faits peuvent aller jusqu’à trois ans de prison et 45.000 euros d’amende!

 

Une volonté de décapiter le mouvement

 

La qualification surréaliste des faits n’est pas anodine et les associations de protection des animaux ne sont pas dupes. Il ne fait maintenant plus aucun doute que l’ex-ministre de l’Intérieur et maintenant Premier ministre Manuel Valls - grand aficionado ouvertement déclaré - a utilisé son pouvoir d’injonction pour mettre à terre les opposants à la corrida.

 

La preuve la plus flagrante de ce qui précède est que les enquêteurs de la Gendarmerie de Dax (qui ont auditionné longuement les trois prévenus) étaient assistés par la cellule « Section extrémismes violents et analyse transverse » de la direction générale de la Gendarmerie, une cellule sous les ordres directs du ministère de l’Intérieur.

 

En outre, le même ministre se vantait dans les colonnes du Midi Libre, paru le 18 septembre 2012, d’avoir la capacité de bloquer toute initiative parlementaire sur le sujet. Dernièrement, son administration donnait de plus des garanties « de maintien de l’ordre » aux maires des villes taurines.

 

Les faits, rien que les faits

 

Si les représentants d’Animaux en Péril, du CRAC et de la Fondation Brigitte Bardot ne peuvent évidemment nier l’organisation de l’événement (la revendication a toujours été claire), ils rejettent en bloc tous les autres chefs d’accusation. Aucun des activistes appartenant à l’une des trois associations ne s’est rendu coupable de la moindre violence.

 

Des blessés toujours dans le même camp

 

La manifestation de Rion-des-Landes se voulait une action pacifique dont le mot d’ordre était de créer une chaîne humaine au milieu de cet antre de la torture. Une fois encore, les seuls blessés se trouvaient dans les rangs des militants. Plusieurs manifestants ont été hospitalisés en urgence suite à des violences policières. Agressé par un aficionado, un activiste a même dû être héliporté, plongé dans le coma.

 

Deux poids, deux mesures

 

Ce lundi 22 septembre 2014, le procès des responsables des trois associations va donc se poursuivre. Leur seul crime a été d’essayer de faire obstruction au massacre de plusieurs bovins devant un public avide de cruauté envers les animaux.

 

Il y a trois ans, des dizaines d’aficionados ont littéralement lynché près de cent militants, qui avaient envahi l’arène de Rodilhan en vue d’empêcher une novillada (corrida de jeunes taureaux).

L’association Animaux en Péril, le CRAC et la Fondation Brigitte Bardot y ont déploré de nombreux blessés graves parmi leurs membres. Des jeunes femmes ont également subi des attouchements sexuels. Une militante a même été déshabillée. Nos activistes n’ont pas riposté, malgré les coups portés. À ce jour, aucune date pour le procès des agresseurs n’est encore annoncée…

 

Le mouvement est en marche, rien ne l’arrêtera

 

Pour les enquêteurs, Jean-Pierre Garrigues, Jean-Marc Montegnies et Christophe Marie sont des terroristes. Le Parquet de Dax estime qu’ils représentent des individus violents, capables de mettre en danger autrui avec un risque de mort immédiat. Quant au Premier ministre français, il semble déterminé à mettre ces individus hors d’état de nuire.

 

Le procès se présente clairement comme une affaire politique. Tout le monde l’a compris. Le gouvernement français s’obstine à protéger une culture immonde et totalement isolée, puisque la corrida n’est autorisée que dans le sud de la France. Des élus bien placés bloquent toute initiative de débat parlementaire sur le sujet, alors que l’écrasante majorité des Français s’opposent au maintien de ces spectacles.

Dans le même temps, les violences policières à l’égard des militants anti-corrida sont encore montées d’un cran comme en témoignent les événements de Maubourget le 26 août 2014.

 

Les responsables des associations souhaitent adresser un message à Monsieur Valls: vous pouvez nous harceler, nous affaiblir, nous ruiner, nous frapper, nous enfermer… Mais sachez qu’il y aura toujours quelqu’un pour ramasser la bannière et poursuivre le combat, car, comme le dit si bien le réalisateur de cinéma Jérôme Lescure, «on ne passe pas les menottes à une idée».