La tortionnaire de Zéphira, ponette de kermesse, condamnée !

6 novembre 2014

 

Le 11 décembre 2010, sur base d’une plainte reçue, 2 délégués d’Animaux en Péril se déplacent rue de la Gloriette à Taintignies, petite commune rurale du tournaisis et découvrent une ponette agonisante qui gît dehors sans soins et sans abri. Les traces au sol autour de l’animal attestent qu’il a tenté de se relever seul depuis de nombreuses heures, en vain car à bout de forces.

 

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Alertés par cette situation, la police de l’entité ainsi qu’un vétérinaire arrivent rapidement sur place. Les constations des forces de l’ordre poussent le Parquet à ordonner la saisie immédiate de l’animal.

Arrivés également sur place, les propriétaires de la ponette, s’en prennent physiquement aux représentants d’Animaux en Péril mais également aux agents verbalisants qui sont amenés à les maîtriser et à les embarquer.

Une fois la situation sous contrôle, les membres de l’association peuvent enfin embarquer l’animal qui doit, avec l’aide du voisinage, être chargé couché dans le van tant son état de faiblesse est avancé.

 

La ponette est accueillie dans la soirée au refuge d’Animaux en Péril à Meslin l’Evêque, immédiatement placée en soins intensifs sous la surveillance du vétérinaire qui d’emblée déclare que le pronostic vital de l’animal est engagé.

 

Le pessimisme du vétérinaire se vérifiera malheureusement 48 heures plus tard.

 

Lire le compte rendu de la saisie dans notre trimestriel de mars 2011 (PDF)

 

Le Parquet de Tournai classe l’affaire

 

Vu la gravité des faits, Animaux en Péril s’attendait à ce que le Procureur du Roi (qui avait pourtant ordonné la saisie) traite l’affaire avec le plus grand sérieux et renvoie logiquement les propriétaires devant le tribunal correctionnel.

 

Après nous avoir fait patienter pendant presque 3 ans et ce, malgré les relances régulières de l’avocat de l’association, le Parquet décide de ne pas poursuivre et classe le dossier sans suite.

 

Pour Animaux en Péril, c’en est trop. L’association demande à son avocat de citer directement les bourreaux devant le tribunal correctionnel de Tournai. Le procès de la mère de famille, Monique Landrieu, propriétaire de l’animal, débute finalement le 29 avril 2014 soit près de 3 ans et demi après les faits, et c'est il y a quelques jours qu'Animaux en Péril a appris le contenu du jugement via son avocat.

 

Un jugement en demi-teinte

 

Si on peut se réjouir que la justice reconnaisse enfin les faits comme établis, condamne la prévenue sur base de l’article 4 de la loi sur le bien-être des animaux, et reconnaisse la constitution en partie civile d’Animaux en Péril, la condamnation apparaît pour le moins légère au regard des faits.

 

En effet, le juge condamne Monique Landrieu à 1.200€ d’amende pénale alors que celle-ci encourait des peines pouvant aller jusqu’à 10.000€ d’amende et 6 mois de prison. En outre, le magistrat n’a pas considéré utile de faire application de l’article 40 de la loi du 14 août 1986 qui lui permet d’interdire la détention d’animaux aux propriétaires malveillants.

 

On notera l’absurdité d’une circonstance considérée comme atténuante lors du jugement : « la relative ancienneté des faits »! Alors que la justice traîne à traiter le dossier, que l’avocat d’Animaux en Péril a régulièrement relancé le Parquet à ce sujet et que l’association a réagi immédiatement par une citation directe à l’annonce du classement sans suite, la lenteur administrative offre à la tortionnaire une atténuation de sa peine.

 

Conclusion

 

Animaux en Péril ne peut que déplorer la légèreté de cette peine, prononcée à l’encontre d’une personne qui a non seulement agressé policiers et représentants de l’association, mais a laissé agoniser sans soins, sans eau, sans abri et sans nourriture, un animal qu’elle avait exploité toute sa vie durant. Il s’agit, encore une fois, d’une porte ouverte à la récidive, permise par la mollesse d’une justice qui considère le bien-être des animaux comme accessoire.