AFSCA versus Professeur UCL : une joute éthique et scientifique qui élève le débat !

10 novembre 2014

 

L’affaire avait fait grand bruit cet été et avait créé une importante émotion dans l’opinion publique.

Sur base de nombreux témoignages, Animaux en Péril avait déposé plainte auprès des services d’inspection vétérinaire à l’encontre d’un individu (faux SDF connu des services de police pour vente de chiens sur la voie publique) qui utilisait un chiot cocker pour mendier et apitoyer les passants notamment à Louvain-la-neuve. De nombreuses personnes accusaient le propriétaire de droguer son chien.

 

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Défaut d’identification et euthanasie!

 

Contrôlé par les inspecteurs vétérinaires de la cellule « bien-être animal », il s’est avéré que le jeune chien était en défaut d’identification. Le chiot avait alors été confisqué à son propriétaire le 31 juillet 2014 pendant que l’AFSCA se voyait confier le dossier pour infraction sanitaire. En effet, le mendiant ayant déclaré que le chiot avait été importé de Pologne, un pays non indemne de rage, des précautions en matière de police sanitaire devaient se mettre en place.

Toutefois, à ce stade, personne n’imaginait que l’AFSCA allait prendre une décision radicale de manière aussi expéditive, à savoir l’euthanasie immédiate de l’animal.

 

 

Cette condamnation à mort ordonnée par l’agence fédérale pour la sécurité alimentaire a choqué une grande partie de la population, qui n’a pas compris pourquoi d’autres mesures n’ont pas été privilégiées.

 

Un professeur d’université fait part de sa désapprobation

 

Les réactions émotionnelles légitimes et compréhensibles passées, le professeur Nicolas Tajeddine, qui enseigne la physiologie humaine à la faculté de médecine de l’UCL, a tenu à interpeller l’AFSCA sur cette affaire. Dans une première lettre datée du 7 août 2014, ce scientifique fait part de son étonnement quant à cette décision d’euthanasie expéditive. Pour cela, il argumente longuement en faveur de protocoles qui auraient dû, selon lui, être mis en place.

Le Professeur Tajeddine avait envoyé une copie de son courrier à Animaux en Péril et l’association avait été très impressionnée par les nombreux arguments scientifiques avancés.

Animaux en Péril et Nicolas Tajeddine sont depuis restés en contact afin de donner un autre éclairage à cette affaire car, de toute évidence, l’agence fédérale ne pouvait pas rester silencieuse suite à un tel courrier.

 

L’AFSCA prend le temps, mais argumente longuement

 

Mieux vaut tard que jamais !

Probablement embarrassée par la qualité du courrier dont elle n’a pas l’habitude, l’agence sanitaire a pris le temps d’analyser point par point l’argumentation du professeur de l’UCL et y a répondu le 13 octobre dernier. On saluera ici l’effort de cette administration sanitaire pour expliquer longuement son choix dans l’affaire du jeune cocker, mais aussi, de manière plus générale, la politique que s’impose l’agence dans ce genre de situation.

 

Le débat scientifique et éthique est lancé!

 

Bien qu’en accord avec une partie des justifications avancées par l’AFSCA, Nicolas Tajeddine n’a pas souhaité en rester là. Dans un nouveau courrier qu’il vient d’adresser à l’agence de sécurité sanitaire, le professeur contre-argumente à nouveau, mais pointe également du doigt la mauvaise communication de l’institution et son manque, avoué, de structures de quarantaines pour animaux potentiellement infectés.

 

Une réelle opportunité d’évolution

 

Animaux en Péril voit d’un très bon oeil le débat qui s’est installé entre l’AFSCA et ce professeur de médecine. Il a le grand mérite d’élever le dialogue entre cette administration et la population.

L’entrée dans l’arène de ce scientifique de haut niveau permet en outre de sortir de la caricature habituelle dans laquelle tombe souvent le sujet dès lors qu’il oppose des fonctionnaires verbalisants aux citoyens.

 

Animaux en Péril est persuadée que l’intervention du professeur Tajeddine va être bénéfique pour tout le monde. L’argumentation scientifique de qualité est le meilleur atout des défenseurs des animaux, mais cette contradiction intellectuelle est également une belle opportunité pour l’administration de s’expliquer voire de se justifier sans être méprisée.

 

Rien n’est jamais complètement blanc ni complètement noir et sans vouloir se faire l’allié des autorités sanitaires, Animaux en Péril tient à rappeler (bien que le cas précité soit bien différent) que le meilleur moyen d’éviter que des animaux soient victimes de décisions autoritaires radicales, est encore de respecter les lois en matière de vaccination, d’identification, d’enregistrement et tout particulièrement en cas de passage de frontière. C’est une question de bon sens.

 

Retrouvez ci-dessous les trois courriers

 

Premier courrier envoyé par le professeur Tajeddine à l’AFSCA

 

Réponse de l’AFSCA au courrier du professeur Tajeddine

 

Deuxième courrier envoyé par le professeur Tajeddine à l’AFSCA