Affaire Rocco : la deuxième audience est reportée au 11 septembre 2012

News22 mai 2012

 

Ce mardi 22 mai, des militants de l’association Animaux en Péril se sont rassemblés devant les marches du palais de Justice de Mons, 35 rue de Nimy. Munis de visuels, ils ont réclamé que justice soit faite pour Rocco, le chien martyr.

 

C’est en effet ce mardi que devait se tenir la deuxième audience dans l’affaire du Shar Pei nommé Rocco. Le tribunal correctionnel de Mons avait choisi de consacrer cette matinée à l’audition de deux témoins - une voisine et un inspecteur vétérinaire - ainsi qu’à celle du prévenu, Maurice Gillet.

 

Toutefois, aucun des deux témoins ne s’est présenté devant le tribunal montois. Cette double absence a incité la juge à reporter l’audience au 11 septembre 2012. Le prévenu, quant à lui, était bien présent mais a vu son audition postposée au même titre que celle des témoins.

 

Maurice Gilet est poursuivi pour actes de cruauté envers son animal de compagnie et plus précisément pour avoir tabassé son chien à coups de pelle et l’avoir laissé agoniser sans soins pendant une semaine. L’animal souffrait, notamment, d’une fracture ouverte. Cette dernière était d’une extrême gravité puisque la patte arrière droite était pratiquement sectionnée.

Rocco est mort dans les bras du délégué d’Animaux en Péril à son arrivée chez le vétérinaire.

 

Rappel des faits :

 

En janvier 2010, un coup de fil anonyme avertit un des délégués de l’association Animaux en Péril que le nommé Maurice Gillet, domicilié rue Brisée à Mons, a frappé, plusieurs jours auparavant, son chien Shar Pei à coups de pelle. Le délégué se rend sur les lieux et est reçu par le personnage en question. Celui-ci, qui apparaît complètement indifférent, le mène jusqu’à l’animal squelettique qui agonise dans un réduit crasseux, sans eau ni nourriture. Une patte est presque complètement tranchée et ne tient plus que par un lambeau de peau. Le propriétaire refusant de débourser un euro pour un « clebs » (selon ses propres déclarations), le délégué de l’association embarque le chien et se précipite lui-même chez un vétérinaire. Mais le Shar Pei, prénommé Rocco, décède à son arrivée.

 

La gangrène a attaqué la patte déchiquetée et un autre membre porte de profondes lacérations. L’examen post mortem est sans appel : non seulement toutes les blessures ont été infligées à l’aide d’un objet lourd et tranchant, mais elles datent d’une semaine environ. Le chien a agonisé interminablement, dans des souffrances atroces. Quant à sa maigreur, elle date manifestement de bien avant les faits.

 

Les rapports vétérinaires sont accablants :

 

D’après le docteur Murielle Esnouf, qui a accueilli le chien mourant : « L’état général du chien est déplorable et sa maigreur plus qu'inacceptable. Il présente une blessure d’une gravité extrême au membre postérieur droit, constituée de multiples fractures ouvertes. Ces blessures datent de plusieurs jours et ont entraîné la mort de l’animal suite à des souffrances épouvantables. Il n’y a pas de mot pour exprimer l’horreur qu’a subi cet animal. »

 

Et d’après le docteur Johan Stegen, qui a pratiqué l’autopsie : « La patte arrière droite montre aux quatre doigts des fractures ouvertes infectées causées par un objet coupant et lourd, ce qui a provoqué des nécroses importantes qui ont entraîné une septicémie mortelle. Les plaies sont dues à des tortures graves et violentes. Il est clair que le chien est mal nourri depuis longtemps et a subi de nombreuses violences au cours des dernières semaines avant son
décès
. »

 

L’affaire fait grand bruit et remonte jusqu’au cabinet de la Ministre Onkelinx :

 

Relayé par les médias, le calvaire de Rocco choque la population qui se déchaîne sur les réseaux sociaux. Un particulier met en ligne une pétition qui recueillera 18.000 signatures en quelques semaines. Le martyre de Rocco est à ce point choquant que Laurette Onkelinx, Ministre de la santé publique en charge du bien-être animal, donnera l’injonction à son administration de se constituer partie civile aux côtés de l’association Animaux en Péril.

 

Le Parquet classe sans suite mais Animaux en Péril ne lâche pas :

 

Contre toute attente, et faisant fi de l’extrême gravité des faits ainsi que des souhaits de la population, le procureur du Roi de Mons classe l’affaire.

L’association Animaux en Péril ne peut accepter cette décision surréaliste, et charge son avocat de lancer une procédure de citation directe.

C’est cette procédure qui finira par renvoyer Maurice Gillet devant le tribunal correctionnel de Mons.

 

Une première audience lourde en témoignages accablants :

 

Lors de la première audience, les Docteurs Esnouf et Stegen, ainsi que le délégué d’Animaux en Péril ont été longuement entendus par le juge, et ont répondu aux questions des avocats des deux parties. Leurs témoignages vont tous dans le même sens : Maurice Gillet a laissé agoniser son chien dans d’atroces souffrances et sans aucun état d’âme.

 

Les témoignages des vétérinaires sont particulièrement pénibles à entendre. Ils avaient tous deux examiné le chien, l’un juste avant et pendant son décès, l’autre juste après, et ont la même certitude : Rocco a subi des souffrances innommables durant plus d’une semaine. Leurs arguments scientifiques ne laissent planer aucun doute sur la culpabilité du prévenu, décrivant notamment en quoi l’absence de raideur cadavérique attestait que le chien avait agonisé dans des douleurs inimaginables.

 

Deux autres témoins ainsi que l’accusé seront entendus le 11 septembre 2012.

 

Vers une interdiction de détention d’animaux ?

 

Sur base de la législation du 14 août 1986, amendée récemment, les peines maximales prévues pour actes de cruauté envers les animaux sont de 6 mois de prison et 5.500 euros d’amende.

En outre, le juge peut imposer l’application de l’article 40 de la même loi qui prévoit des mesures d’interdiction de détention.

 

L’avocat d’Animaux en Péril plaidera particulièrement dans le sens de cette dernière mesure afin que le sort réservé à Rocco soit épargné à d’autres chiens.

 

Interdiction de manifester

 

Notons enfin que les services de police de la Ville de Mons ne nous ont pas accordé l’autorisation de manifester devant le palais de Justice ce 22 mai, alors qu’eux-mêmes ont récemment mené une action beaucoup plus turbulente au même endroit. Il est évident qu’Animaux en Péril n’a pas respecté cette injonction antidémocratique, réprimant le droit fondamental de la liberté d’expression. Le policier présent sur place a néanmoins fait preuve de tolérance...

 

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