Poneys de foire: vers une amélioration significative

News2 février 2012

 

L’utilisation des poneys pour les carrousels des champs de foire est une activité décriée par les associations de protection animale, mais également par de nombreux citoyens conscients que ce type d’attraction foraine n’a pas sa place dans une société adulte et respectueuse du Vivant. Distraire la progéniture de parents insensibles à tout ce qui n’est pas la satisfaction immédiate du bambin est à la fois incompatible avec le bien-être animal, et aberrant dans une société où les moyens de divertir les enfants abondent jusqu’à l’overdose.

 

Animaux-esclaves

 

Concrètement, les abus que dénoncent depuis des années les S.P.A. sont les suivants: la taille du carrousel qui oblige les poneys à tourner sur un cercle très réduit, le nombre d’heures de travail assimilable à de l’esclavage, et le stress engendré par l’ambiance sonore tonitruante qui électrise en permanence les champs de foire. Mais le pire reste sans aucun doute les conditions de détention qui attendent les animaux une fois les lumières éteintes; nombre de poneys logent en effet dans les camions jusqu’au terme de la fête foraine, celle-ci pouvant durer plusieurs semaines.

 

Laurette Onkelinx sollicite le conseil du bien-être animal

 

Cette activité ne concerne plus aujourd’hui que 15 familles de forains en Belgique, et perdure au prix de souffrances sérieuses. Il était grand grand temps que le monde politique se penche sur la problématique, et si Animaux en Péril et ses associations-soeurs regrettent l’absence d’initiative parlementaire à ce sujet - initiative qui aurait pu déboucher sur une législation visant à interdire l’activité - elles saluent en revanche la démarche de la Ministre de la Santé publique Laurette Onkelinx, qui a mis le sujet sur la table, et demandé au Conseil du Bien-Être de mettre sur pied un groupe de travail chargé de l’examiner.

 

Rappelons que les groupes de travail du Conseil du Bien-être (comité consultatif de la Ministre de la Santé) ont pour mission de remettre un avis basé sur un consensus entre différentes parties. Le groupe de travail «poneys de foire» est ainsi composé, entre autres, de Jean-Marc Montegnies pour Animaux en Péril et Ann de Greef pour Gaia, mais également de représentants de l’Union foraine et des propriétaires de poneys forains, ainsi que de vétérinaires et de comportementalistes. Il va de soi qu’entre les factions en présence, le clivage est abismal, et obtenir une quelconque avancée semblait relever du mythe.

 

Pas une révolution mais une évolution

 

C’est pourtant ce qui s’est produit. Au terme de nombreuses réunions, il a été décidé que:

  • la piste fera au minimum 8 mètres de diamètre pour les poneys jusqu’à 1m20, et dix mètres pour les poneys plus grands.
  • le sol devra être recouvert d’un tapis de caoutchouc ou d’une épaisse couche de sciure.
  • les étalons, les juments gestantes de plus de 8 mois et les juments allaitantes ne pourront plus être utilisés.
  • les poneys devront être logés sans être attachés, et chaque poney bénéficiera (de jour comme de nuit) d’une superficie minimum de neuf mètres carrés. Les animaux devront en outre avoir un contact avec leurs congénères et une vision large sur l’environnement extérieur; les espaces de détention devront être enrichis au minimum de paille et de foin, ce qui exclura en principe l’hébergement en camion, sauf aménagement particulier.
  • l’avis du Conseil du Bien-être recommande également que les poneys soient logés en prairie lors des périodes de repos (hors saison foraine).

 

L’avis fera l’objet d’une transcription légale et donc d’un Arrêté royal. Notons que les améliorations sont soumises à des mesures transitoires et seront contraignantes d’ici trois ans seulement. Nous sommes évidemment loin de ce que notre secteur souhaiterait - à savoir l’interdiction pure et simple de cette pratique - mais un léger progrès est préférable à pas de progrès du tout. À défaut d’une révolution, l’accord représente donc une évolution, et nous aimerions rappeler à chacun qu’il existe un autre moyen de lutte: le boycott, qui privera de clientèle les manèges de poneys forains.

 

Les médias en parlent:

 

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