Meslin l'Évêque

 

La même philosophie, le même souffle animent les deux refuges d’Animaux en Péril, et pourtant nos havres sont radicalement différents. Braine l’Alleud est un bouillonnement constant de visites, d’adoptions et d’abandons, et les urgences font de chaque journée une course contre la montre. Meslin l’Evêque en revanche n’est pas un lieu de passage et de transit où s’engouffre en permanence le bruit du monde. Dans ce havre replié sur lui-même et sur les vies qu’il abrite, les animaux sont avec nous pour des mois, des années ou le reste de leur existence. Le refuge, en conséquence, s’est construit à leur image et s’est modelé sur leurs besoins : l’apaisement et la sérénité sont les maîtres mots de ces lieux où chaque élément s’inscrit dans la durée, pour une convalescence ou une retraite au rythme des saisons.

 

Pour cette raison, les places sont rares, et le centre n’ouvre plus ses portes qu’aux équidés saisis pour maltraitance, recueillis après une vie de travail en manège ou à la Police fédérale, ou encore admis pour une raison sociale grave (décès du propriétaire par exemple). Le refuge englobe également dans son action les animaux dits de ferme : moutons, chèvres, cochons, lapins, oies, poules, canards et autres réfugiés bénéficient d’installations adaptées, et Serge le lama, arrivé chez nous après saisie, est la note exotique de ce petit monde. Au total, ce ne sont pas moins de 200 animaux, dont soixante équidés (chevaux, poneys et ânes), qu’hébergent en permanence les installations de Meslin l’Evêque.

 

Meslin l'Évêque

Les écuries

Écuries - ChevauxLes chevaux, par leur nombre et leurs exigences en matière d’espace vital, occupent l’essentiel des espaces intérieurs et des terrains. Ils se répartissent deux écuries vastes comme des nefs d’église, qui constituent les principales structures du domaine, et au sein desquelles la fonctionnalité n’empêche pas la douceur de vivre. Chaque écurie est équipée de dizaines de boxes individuels à la fois modernes et chaleureux, pensés en fonction du confort et de la sécurité de leurs occupants. Tous sont nettoyés et repaillés de frais chaque jour et comportent une mangeoire et un abreuvoir automatique.

 

Les poneys ont leur écurie particulière, un monde miniature à l’écart de celui des chevaux. L’équipement y est de même qualité que dans les autres bâtiments, la seule différence étant que deux ou trois pensionnaires se partagent chaque box, leur instinct grégaire (en particulier celui des Shetlands) étant généralement plus prononcé que celui des chevaux. Comme chez leurs grands cousins, les boxes des poneys font l’objet d’un entretien et d’un repaillage quotidiens, pour le confort de leurs occupants.

 

Écuries - ÂnesQuant aux ânes, ils habitent une écurie entièrement indépendante, bâtie spécialement à leur usage, et sur mesure puisque les fenêtres des boxes ont été adaptées à leur hauteur afin de leur permettre de passer sans difficulté la tête à l’extérieur. Entièrement recouverte de bois pour des raisons d’esthétique et d’isolation, cette écurie des ânes (ou asinerie) apporte un cachet supplémentaire à la cour centrale du refuge, et constitue un décor pittoresque pour des animaux eux-mêmes pittoresques. Entretenue chaque jour, elle comporte tout le confort nécessaire au bien-être de ses occupants.

 

Les chèvres et les moutons: notre bergerie

Chèvres-moutonsSi les équidés ont orienté la majorité des réalisations au refuge de Meslin l’Evêque, les autres espèces n’en sont pas oubliées pour autant. La bergerie est un vaste espace couvert regroupant nos chèvres et nos moutons. En dépit de tempéraments très contrastés (les moutons sont aussi paisibles que les chèvres sont rebelles), tout ce petit monde cohabite en parfaite harmonie dans les trois grandes stabulations qui divisent les troupeaux par catégories d’âge. Ici encore, un soin particulier a été apporté aux installations et à l’aménagement des lieux, rendant le cadre agréable pour tous, et assurant à chacun un accès aisé à la nourriture et à la boisson.

 

Le pavillon des cochons

CochonsLes cochons ont bénéficié de soins particulièrement attentifs, car au souci d’offrir le meilleur hébergement possible s’est ajoutée la satisfaction de rendre justice à leur espèce doublement méprisée. Contrairement aux idées reçues, le cochon, animal sensible, propre et sociable, est sans doute le plus intelligent des animaux de ferme. En mettant l’accent sur le respect de ses besoins éthologiques, Animaux en Péril souligne l’abîme entre ses conditions de vie idéales et les monstrueux élevages industriels qui sont la norme aujourd’hui.

 

Nos cochons coulent des jours paisibles dans de vastes boxes tapissés d’épaisses couches de paille où ils aiment s’enfouir. Ils disposent de leur propre pavillon, taillé à la mesure de leurs besoins : leurs stalles sont à structure variable, un système de trappes leur garantissant une vie en communauté mais permettant d’isoler les groupes selon les humeurs de chacun. Le bâtiment se prolonge d’une cour bétonnée, protégée par un préau des averses ou de la canicule. En face de la cour, une prairie leur offre la commodité d’un bac à sable et d’une soue (mare de boue), dans laquelle ils adorent patauger en cas de forte chaleur.

 

Le département des lapins

LapinsLe refuge de Meslin l’Evêque héberge également des lapins, pour la plupart abandonnés par des particuliers. Leur domaine consiste en trois parties juxtaposées : un local intérieur, une terrasse équipée de maisonnettes, et enfin un parcours herbeux garantissent que nos lapins ne connaîtront jamais, contrairement à tant de leurs congénères, l’horreur des clapiers et autres cages minuscules qui sont le plus souvent le lot de l’espèce.

 

Le poulailler

Basse-courEnfin, une basse-cour complète le panorama des installations de Meslin l’Evêque : hébergeant des poules mais également des oiseaux d’eau (canards et oies), elle se compose d’une prairie équipée d’abris permettant aux animaux de se regrouper par affinités, ainsi que d’un petit étang artificiel indispensable aux espèces aquatiques.

 

L'écurie de quarantaine

QuarantaineAssurer le bien-être de nos chevaux, c’est aussi équiper le refuge en matériel adéquat pour la revalidation, la convalescence et le suivi médical des animaux, une obligation pour qui héberge une majorité d’équidés issus de maltraitances. Née de ces préoccupations, l’écurie de soins et de quarantaine héberge les nouveaux venus qui nous arrivent malades, épuisés ou dans un état sanitaire inconnu ; elle accueille également les chevaux en soins intensifs ou souffrant de difficultés articulaires.

 

Palan électriqueL’écurie comporte six boxes ; parmi ceux-ci, deux sont particulièrement vastes et disposent d’une entrée large afin de laisser passage le cas échéant à des chevaux couchés. Ces deux boxes, aux parois et au sol capitonnés d’épais tapis en caoutchouc, accueillent aussi les chevaux en souffrance qui risqueraient de se précipiter contre les murs. Ils sont de plus équipés d’un palan électrique sur rail permettant de relever et de maintenir debout les chevaux tombés. L’écurie de quarantaine comporte par ailleurs six petits boxes pour animaux de ferme (moutons, chèvres et autres), et cet hôpital haut de gamme est complété par une caméra de surveillance, permettant de repérer immédiatement toute anomalie dans le comportement des animaux hospitalisés.

 

Le paddock

PaddockLe paddock est un élément incontournable dans notre pays, où la météo et la durée de la mauvaise saison rendent les prairies inexploitables six mois par an. La pluviosité ne change rien à un fait de base : les chevaux, de tout âge et de toute condition physique, ont besoin d’un minimum d’exercice quotidien. C’est la raison d’être du paddock: à la mauvaise saison, les chevaux y sont lâchés chaque jour en petits groupes, laissant à chacun l’opportunité de se dégourdir les jambes, et de donner libre cours à ses besoins d’exercice.

 

Le paddock a été érigé en 1998 et constitue une réalisation de taille, puisqu’il mesure 40 mètres de long sur 20 de large, soit huit cent mètres carrés de piste dédiés au bien-être de nos équidés. Equipé avec le même professionnalisme qu’une piste de centre équestre, il est cloisonné sur son périmètre intérieur par un pare-bottes en bois, et la piste est constituée d’une alliance de sable et de matière synthétique spécialement étudiée pour le confort des chevaux. Ce mélange, ainsi que le système d’arrosage ultra-moderne à gestion électronique, assurent un taux d’humidité optimal au sol, et garantissent une piste sans poussière à nos équidés.

 

Les prairies

PrairiesAutour du refuge filent des prairies qui ondulent sur dix hectares piquetés de saules et d’aubépines. Ces étendues sont divisées en une dizaine de parcelles clôturées et ceinturées par les sentiers destinés aux visiteurs. Une fois le beau temps revenu, nos animaux goûtent la vie de plein air au sein de ces grands espaces, qui seront leur lieu de vie pendant toute la belle saison. Ils y sont répartis en groupes organisés sur base des affinités et de la condition physique de chacun (les chevaux les plus âgés et les plus vulnérables ensemble, par exemple).

 

Les prairies imposent une gestion rigoureuse pour offrir une herbe de qualité. Elles font l’objet d’une rotation constante, et sont occupées en alternance par les animaux, ce qui leur laisse le temps de se reconstituer. Le refuge utilise également un engrais favorisant la croissance rapide de l’herbe, et fauche les refus (les zones herbeuses que le cheval refuse de manger) pour éviter leur extension.

 

La cour à fumier

Cour à fumierUn refuge de 60 équidés génère au quotidien une quantité de fumier industrielle. Pour l’hygiène, la propreté, et le bien-être de nos animaux, les épaisses litières tapissant les boxes et les enclos sont renouvelées tous les jours, avec pour conséquence que le havre pour chevaux produit chaque mois plusieurs tonnes de paille souillée. Ces volumes impressionnants doivent être stockés avant évacuation, d’où la nécessité de notre immense cour à fumier.

 

La réserve à paille et à fourrage

Réserve à paille et à fourrageNourrir et loger 200 animaux dont soixante chevaux, poneys et ânes nécessite non seulement des quantités astronomiques de paille fraîche pour les litières, mais également du fourrage, consistant en foin et en préfané. Si le préfané enrubanné peut être stocké à l’extérieur, il n’en va pas de même pour la paille et le foin qui exigent un espace énorme, abrité des intempéries : la grange, et sa réserve à paille et à fourrage.

 

Les solariums et la salle de douche

Solariums et salle de doucheAnimaux en Péril a également fait installer deux salles de douches pour chevaux, équipées de solariums (structures horizontales composées de lampes à infra-rouges) et d’eau chaude; cet équipement permet de laver, tondre et déparasiter les chevaux lors de la mauvaise saison sans risque de les refroidir. L’installation permet également de pallier au déficit lumineux dont souffrent en hiver les vieux chevaux présentant des problèmes articulaires, ou les chevaux martyrs chez lesquels la réclusion dans l’obscurité a entraîné des problèmes de décalcification. Une troisième douche, extérieure celle-là, procure aux membres fragiles de nos équidés les bienfaits de massage réguliers.

Le travail pour les chevaux de trait

Travail de MaréchalerieLe refuge dispose également d’un travail de maréchalerie: cet appareil, une structure de contention constituée de quatre pieux de bois verticaux, sert à maintenir les chevaux de trait en position lors de l’entretien de leurs pieds, et ce pour leur confort ainsi que celui du maréchal-ferrant.

 

La cafétéria

CafétériaLa cafétéria est située dans la cour centrale de Meslin l’Evêque, en plein cœur du refuge, dans le noyau à partir duquel rayonnent bâtiments et voies d’accès. Dans ce cadre de quiétude et de convivialité, elle sert aux visiteurs de la petite restauration et des boissons. Prolongée par une agréable terrasse en été, elle abrite aussi les tableaux de parrainage, qui réunissent les noms des Parrains et Marraines à ceux de leurs filleuls, et montrent au visiteur que dans la protection animale plus que partout ailleurs, l’union fait la force. Spacieuse et agréable, la cafétéria permet à chacun de savourer le rythme du refuge de Meslin l’Evêque, proche de la terre et des saisons.

Engins et véhicules utilitaires

EnginsGérer les infrastructures, entretenir les hectares de prairies et de haies, se procurer les fournitures et l’équipement nécessaire, prendre en charge les animaux saisis et errants, charger et décharger le foin, la paille et le fumier, faucher, distribuer l’engrais et la nourriture, sont autant d’activités qui imposent des véhicules utilitaires adaptés. Le refuge de Meslin l’Evêque détient à ce jour toute une flotte d’engins, comprenant un véhicule tout-terrains, un van ultra-moderne pour deux chevaux, un tracteur agricole, un Manitou (engin de manutention à bras télescopique), un quad et une grande remorque.

 

Engins Engins
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